Le printemps des Mathématiques

Le printemps des Mathématiques

Série d'interviews de mathématicien lors du festival Le printemps des Mathématiques 2025

Radio2lhers

Ce podcast est destiné à faire découvrir le printemps des mathématiques, un festival organisé par l'association les maths en scène. On revient avec des chercheurs en mathématiques, en géométrie, en intelligence artificielle sur leur parcours, sur la place prépondérante des math dans notre société et sur les interrogations éthqiues que les progrès portés par les mathémétiques soulève.

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Christophe Besse, parrain engagé du Printemps des Mathématiques

Parrain de la 10ᵉ édition du Printemps des Mathématiques, Christophe Besse incarne une vision des mathématiques à la fois exigeante, ouverte et profondément ancrée dans les enjeux contemporains. Chercheur reconnu en mathématiques appliquées, il s’engage aujourd’hui autant dans la recherche que dans la diffusion des savoirs auprès du grand public.

Un parcours scientifique d’excellence

Né à Angoulême en 1971, Christophe Besse suit un parcours académique marqué par la rigueur et la progression constante. Après un doctorat en mathématiques appliquées à l’Université de Bordeaux en 1998, puis une habilitation à diriger des recherches à l’Université Toulouse 3, il entame une carrière universitaire riche.

D’abord maître de conférences à Toulouse, il devient ensuite professeur à l’Université de Lille, où il dirige le laboratoire Paul Painlevé. Il revient ensuite à Toulouse, au cœur de l’Institut de Mathématiques de Toulouse, avant de rejoindre le CNRS en tant que directeur de recherche.

Depuis 2021, il occupe également un poste stratégique à la tête de l’Institut National des Sciences Mathématiques et de leurs Interactions (INSMI), où il contribue à piloter la politique scientifique à l’échelle nationale.

Des mathématiques au cœur du réel

Les travaux de Christophe Besse s’inscrivent dans le champ des mathématiques appliquées, à la frontière entre théorie et simulation. Il s’intéresse notamment à l’analyse numérique et au calcul scientifique, avec pour objectif de mieux comprendre et modéliser des phénomènes complexes.

Ses recherches portent en particulier sur les équations aux dérivées partielles, utilisées pour décrire des phénomènes physiques variés, allant des ondes à certains processus de diffusion. À travers le développement de modèles numériques performants, il contribue à rendre ces phénomènes compréhensibles, prévisibles et exploitables dans des domaines concrets.

Cette capacité à relier abstraction mathématique et applications réelles est au cœur de sa démarche scientifique.

Une volonté forte de transmission

Au-delà de ses travaux de recherche, Christophe Besse défend une conviction : les mathématiques doivent être partagées.

Dans un contexte où beaucoup de Français entretiennent un rapport parfois difficile avec cette discipline, il participe activement à des initiatives visant à mieux comprendre cette relation et à la faire évoluer. Une démarche qu’il a notamment portée au niveau national à travers des consultations citoyennes sur la place des mathématiques dans la société .

Pour lui, la vulgarisation n’est pas une simplification, mais une traduction : il s’agit de rendre accessible sans trahir, de donner à voir la beauté et l’utilité des mathématiques.

En tant que parrain de cette 10ᵉ édition, Christophe Besse porte un message clair : les mathématiques ne sont pas réservées à une élite. Elles sont un outil de compréhension du monde, un langage universel, et un levier essentiel pour répondre aux défis de demain.

Son parcours, à la croisée de la recherche de haut niveau et de l’engagement citoyen, en fait une figure emblématique d’une discipline en pleine évolution, qui cherche aujourd’hui à mieux dialoguer avec la société.

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Maths, magie et société : Clément Sire chercheur et passeur de science

À l’occasion du Printemps des Mathématiques, la rédaction vous propose une rencontre avec une figure singulière de la recherche française, à la croisée des disciplines et profondément engagée dans la transmission : Clément Sire.

Clément Sire incarne parfaitement l' esprit d’ouverture du festival. Mathématicien de formation, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé, il s’oriente très tôt vers la physique théorique. Aujourd’hui directeur de recherche au CNRS au Laboratoire de Physique Théorique de l’université Toulouse III – Paul Sabatier, il développe des travaux à la frontière de plusieurs disciplines. Après des débuts consacrés à des sujets fondamentaux comme les quasi-cristaux ou la supraconductivité, ses recherches se sont progressivement tournées vers la physique statistique et les systèmes complexes.

Depuis plusieurs années, il s’intéresse en particulier aux comportements collectifs, qu’il étudie aussi bien chez les animaux que chez les humains. Bancs de poissons en interaction, prises de décision en groupe, phénomènes de polarisation : ses travaux montrent comment des outils mathématiques relativement simples peuvent permettre de comprendre des dynamiques complexes du vivant et de la société. Une approche résolument interdisciplinaire, au croisement de la physique, de la biologie, des sciences cognitives et des sciences sociales.

Mais au-delà du chercheur, Clément Sire est aussi un passeur de savoirs. Très engagé dans la médiation scientifique, il multiplie les interventions dans des contextes variés : établissements scolaires, festivals, cafés scientifiques, mais aussi lieux plus inattendus comme les EHPAD ou les établissements pénitentiaires. Pour lui, la vulgarisation n’est pas un à-côté, mais une mission à part entière.

Cet engagement prend une forme particulièrement originale avec “Mathémagique”, un format qu’il propose notamment dans le cadre du festival. À travers des tours de magie reposant sur des principes mathématiques, il parvient à susciter l’émerveillement tout en ouvrant la porte à la compréhension. Une manière ludique et efficace de montrer que les mathématiques ne sont pas seulement abstraites, mais qu’elles se cachent partout, y compris dans ce qui nous surprend.

Cette aisance à transmettre n’est sans doute pas étrangère à son histoire personnelle. Il est le fils de Gérard Sire, écrivain, journaliste et homme de radio, connu pour son éclectisme et sa curiosité. Comme son père, Clément Sire cultive ce goût du partage et cette capacité à naviguer entre différents univers, de la recherche la plus pointue à la prise de parole accessible au grand public.

Récemment nommé ambassadeur de la médiation scientifique pour l’Institut de Physique du CNRS en 2026, il poursuit aujourd’hui cet objectif : faire dialoguer science et société, et montrer que derrière les équations se cachent des clés essentielles pour comprendre le monde qui nous entoure.

Dans cette interview, Clément Sire revient sur son parcours, son goût pour la transmission, sa vision d’une science ouverte et interdisciplinaire, mais aussi sur des sujets aussi variés que le hasard, les comportements collectifs ou encore les liens entre mathématiques et jeux comme le poker.

Un échange avec un scientifique qui, avec rigueur et enthousiasme, fait sortir la science des laboratoires pour la rendre vivante, accessible et profondément humaine.

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Rencontre avec Laure Saint-Raymond, marraine de la 10ᵉ édition du Printemps des Mathématiques

Organisé par l’association Maths en scène, le festival Le Printemps des Mathématiques s’impose depuis dix ans comme un rendez-vous incontournable pour faire découvrir les mathématiques au grand public. Cette édition anniversaire se déploie sur plusieurs mois, avec deux journées phares les 27 et 28 mars à Castanet-Tolosan, rassemblant chercheurs, enseignants, élèves et passionnés autour d’ateliers, conférences et échanges.

Pour marquer cet anniversaire, le festival a choisi comme marraine une scientifique au parcours exceptionnel. Ancienne élève de l’École normale supérieure, Laure Saint-Raymond est aujourd’hui professeure permanente à l’Institut des hautes études scientifiques et membre de l’Académie des sciences. Spécialiste de l’analyse des équations aux dérivées partielles et des fluides géophysiques, ses travaux contribuent à mieux comprendre des phénomènes complexes comme les mouvements de l’atmosphère ou des océans.

Au-delà de ses recherches, elle s’engage activement dans la transmission des savoirs et la diffusion de la culture scientifique. Un engagement en parfaite résonance avec l’esprit du Printemps des Mathématiques, qui vise à rendre cette discipline accessible à toutes et tous.

Dans cette interview, Laure Saint-Raymond revient sur son rôle de marraine, son attachement à partager les mathématiques avec le plus grand nombre, mais aussi sur des sujets essentiels comme la place des femmes dans les sciences, l’omniprésence des mathématiques dans notre quotidien ou encore les enjeux liés au développement de l’intelligence artificielle.

Un échange éclairant avec une scientifique qui œuvre à faire sortir les mathématiques des laboratoires pour les inscrire pleinement dans la société.

Ecoutez notre entretien avec Laure Saint-Raymond:

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Code en Bois : une approche innovante de l'apprentissage du code sans écran

Dans le cadre du Printemps des Mathématiques , qui s'est tenu du 20 au 22 mars à Castanet-Tolosan , nous avons réalisé un reportage dédié à Code en Bois , une jeune entreprise basée à Clermont-Ferrand et fondée en 2022 par Marc Agenis-Nevers .

Spécialisée dans la création et la vente de matériel pédagogique en bois, Code en Bois propose une approche originale de l' enseignement de la programmation informatique. Grâce à des kits en bois fabriqués en France , l'entreprise permet aux enfants, aux établissements scolaires et aux entreprises de découvrir les concepts fondamentaux du code sans utiliser d'écran. Inspirée des méthodes Montessori, cette démarche favorise un apprentissage tactile et expérimental tout en sensibilisant à une utilisation raisonnée des technologies numériques.

Au fil du reportage, Marc Agenis-Nevers revient sur la genèse du projet , les avantages de son innovation et les enjeux pédagogiques.

👉 À écouter dès maintenant ci-dessous.

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Houria Lafrance: Ambassadrice de la culture des mathématiques

Un parcours inspirant au service des mathématiques

Houria Lafrance est professeurs de Mathématiques et présidente de l'association Les Maths en Scène. Née à Lille dans une famille modeste de douze enfants, elle a grandi dans un environnement où l'éducation était une priorité, malgré des parents qui ne savaient ni lire ni écrire. Poussée par son père ouvrier et son frère aîné, elle a forgé un parcours atypique, mêlant rigueur académique et créativité débordante. Dès 2000, elle commence à enseigner les mathématiques avec une approche innovante, intégrant des projets interdisciplinaires comme l'héritage scientifique du monde arabe ou l'astronomie.

 En 2016, elle fonde Les Maths en Scène à Toulouse. Son objectif ? Rendre les mathématiques accessibles et captivantes pour tous.

En 2018, Houria reçoit le titre de chevalier de l'Ordre national du Mérite, remis par Cédric Villani.

Les Maths en Scène : Un pont entre science et créativité

Sous l'impulsion de Houria, Les Maths en Scène est devenu en 10 ans une association référente en matière de  vulgarisation mathématique. Elle repose sur une équipe de bénévoles, enseignants et chercheurs. Parmi eux, Arnaud Chéritat du CNRS et Xavier Buff de l'Université Paul Sabatier.

Leur mission ? Montrer que les mathématiques ne sont pas qu'une suite de calculs austères. Elles s'entrelacent avec l'art, le théâtre, la musique et les sciences du numérique.

Le festival Printemps des Mathématiques , dont la 9ᵉ édition se déroule en ce printemps 2025, illustre cette vision. Au programme :

  • Des ateliers pédagogiques pour les scolaires,
  • Des conférences animées par des experts comme Nathalie Ayi et Hugo Parlier,
  • Une journée familiale gratuite le 22 mars à Castanet-Tolosan.

Pourquoi promouvoir la culture mathématique ?

Lors de notre entretien, nous avons cherché à comprendre ce qui a motivé Houria Lafrance à créer le festival Le Printemps des mathématiques. La réponse réside dans son désir de « faire exister les mathématiques là où on ne les attend pas » et de démocratiser une discipline souvent perçue comme élitiste, en la liant aux arts et aux enjeux citoyens. « Je sais qu'ils ne deviendront pas tous mathématiciens, mais ils deviendront tous citoyens », aime-t-elle rappeler en parlant de ces élèves.

Ecoutez l'interview d'Houria Lafrance